2 In ma vie de maman

Une histoire de fil – #10dumois – Avril 2018

On a tous notre jardin secret, notre petit coin à nous, celui où on s’évade. Il y a quelques temps j’ai découvert le mien. Celui qui me fait plaisir, qui m’emmène ailleurs. Celui où je ne pense plus à rien d’autre.

Et pour moi, mon jardin secret, c’est une histoire de fil. Comme un fil d’Ariane, il me guide au milieu des difficultés que je traverse…

C’est venu d’une envie, peu après la naissance de ma fille. Une naissance, que ce soit la première ou non, est toujours un bouleversement, qui nous force à aller au bout de soi-même, à nous interroger sur notre vie, nos besoins, nos envies profondes, notre futur.

Et entre mon vécu et l’héritage que je souhaiterais un jour transmettre à ma fille, sa naissance a révélé en moi un grand manque. Dans ce que ma propre mère m’a légué, il n’y a quasiment qu’une part intellectuelle. En rébellion contre sa propre mère, elle n’a basé sa vie que sur des qualités intellectuelles : le savoir, la connaissance, l’intelligence. Et elle a rejeté en bloc tout ce qui lui rappelait son enfance : une éducation trop stricte, le travail manuel, la cuisine, les tâches domestiques.

Résultat : je ne sais pas coudre un bouton, je ne sais pas repasser une chemise et je n’ai pris goût à vraiment faire la cuisine que très récemment ! Ce n’est pas une accusation contre ma mère, c’est juste un constat et je le vis très bien.

La naissance de ma fille a donc été un révélateur. Je voulais à nouveau être capable de créer quelque chose de mes propres mains. Pas uniquement m’épanouir dans mon travail intellectuel, mais redonner un sens à ma vie en réalisant quelque chose. De fil en aiguille, par affinité, parce qu’il y a des milliers de possibilités (déco, vêtements…), j’ai fini par me tourner vers la couture. Et ça a été loin d’être facile. Ça m’a même donné pas mal de fil à retordre ! Car je ne suis pas auto-didacte, j’ai besoin d’être guidée, rassurée, encouragée. Parce que j’ai du mal à croire en mes capacités manuelles (alors que je faisais des trucs incroyables quand j’étais ado). Je me suis découragée plus d’une fois. J’ai même tout laissé tomber à un moment. Mais je n’ai pas abandonné. Et j’ai recommencé.

Ce week-end, j’ai fini mon tout premier top ; au moins, comme ça, en avril, je ne me découvrirai pas d’un fil ! Il est un peu large, il m’a pris beaucoup de temps à faire, mais il est beau, les finitions sont vraiment réussies. J’ai bien travaillé. Et j’ai été bien accompagnée. Je n’ose pas encore tout à fait me lancer seule. Ma confiance en moi ne tient qu’à un fil mais il se solidifie de jour en jour. Et quand je couds, j’oublie tout. Je ne pense qu’à mon ouvrage, le bonheur de faire, le choix des tissus, la sélection de la machine (oh le plaisir d’essayer une surjeteuse !), le bonheur de toucher une belle matière, la joie de voir mon projet se réaliser…

Comme quoi, le bonheur, parfois, ça ne tient qu’à un fil (ou bien à tout plein de fils enchevêtrés les uns dans les autres pour faire une jolie cousette !!)…

C’était ma participation au rendez-vous mensuel #10dumois de Claire du Blog Egalimère sur le thème « Une histoire de fil ».

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2 Comments

  • Reply
    Egalimère
    10 avril 2018 at 7 h 33 min

    Oh là là si tu savais comme je suis admirative ! J’ai fait un peu de couture plus jeune avec ma mère. J’aimais beaucoup ça mais je n’ai pas continué. Alors bravo et sois fière de toi

    • Reply
      Veronique PoupetteWorld
      18 avril 2018 at 21 h 22 min

      Merci ! Je galère, mais je m’accroche, parce que ça me plaît vraiment. Entre les gens que je rencontre et les projets qui prennent vie entre mes mains, c’est un vrai moment de bonheur !

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