15 In bebe/ ma vie de maman

Chroniques d’un allaitement apaisé

Je profite de la Semaine Mondiale de l’Allaitement pour enfin vous parler de ma propre expérience. Quand j’étais enceinte de Poupette, je suivais les cours de préparation à l’accouchement. L’un d’entre eux portait bien entendu sur l’allaitement. La sage-femme nous a posé à chacune la question « Et vous, qu’avez-vous décidé ?« .

mini main

 

A vrai dire, je ne m’étais jamais vraiment posé la question. De l’allaitement, j’avais connu de près uniquement les tentatives de ma sœur avec ses jumeaux, courageux essais face à deux petits garçons très demandeurs. Quelques amies aussi m’avaient parlé de leurs expériences (pas toujours très heureuses). Et c’était à peu près tout, en fait.

Alors je n’y avais jamais réfléchi avant qu’on me pose cette question. La réponse s’est donc imposée d’elle-même. Après tout, j’allais essayer, on verrait bien. A la naissance de Poupette, je ne sais pas pourquoi, on n’a pas eu le droit à la fameuse « tétée d’accueil ». Ce n’est que quelques heures plus tard que dans la chambre de la maternité, Poupette s’est donc essayée à sa première tétée. C’est comme ça que tout a commencé…

J’avais entendu tellement d’horreur sur les crevasses, les douleurs, la montée de lait. Je m’attendais à tellement de douleurs pour mon allaitement. Et puis, en fait, non rien. Mis à part la puéricultrice qui passe te massacrer les tétons pour préparer la montée de lait et te montrer comment le bébé doit téter, je n’ai jamais eu mal. Jamais. Pendant tout le temps qu’a duré mon allaitement.

Mon seul « obstacle » à l’allaitement a été ma petite production. Je n’ai jamais eu une goutte de plus que ce qu’il fallait pour ma Poupette. Une seule et unique fois, j’ai fait l’expérience d’un débordement nocturne. Mais le reste du temps mon corps ne produisait que le strict nécessaire vital à ma Poupette. Et du coup, tirer mon lait a été une des expériences les plus désagréables de ma vie de maman, rendant mon allaitement quelque peu mouvementé. Je n’ai jamais réussi à sortir une seule goutte avec un tire-lait manuel. Quant au tire-lait automatique, le premier que j’ai loué était une antiquité française à faire pâlir une bonne vieille vache laitière !! Une machine qui faisait un bruit terrible (on n’entendait même plus la télévision !!), une machine qui te donne plus envie d’arrêter tout de suite que d’essayer de tirer ton lait. Face à ce petit pot auquel mon corps ne voulait pas donner une goutte de lait, j’ai ressenti pour la première fois un profond sentiment d’échec… J’en aurais pleuré…

Jusqu’à ce que je rencontre la sage-femme qui a sauvé mon allaitement. Spécialiste du domaine, elle m’a accompagnée dans ce moment difficile (le baby-blues, plus que l’allaitement). Et surtout, grâce à elle, j’ai loué une machine de compétition, une Symphony de Medela. Légère, discrète, efficace, j’ai enfin pu tirer mon lait. Mais mon corps n’a jamais aimé ça. A chaque fois que je tirais mon lait, j’avais l’impression que mon sein était comme « vide » pour la tétée suivante.

medela

 

 

Autant dire que moi qui rêvais de dons à un lactarium, j’étais déjà contente de pouvoir fournir ma Poupette ! Et du coup, je l’ai allaitée exclusivement jusqu’à ses 3 mois. A partir du moment où elle est allée à la crèche, je n’ai pas eu d’autre choix que de passer au lait artificiel (étant incapable de fournir de quoi la nourrir en tirant mon lait) pendant la journée. Et on a continué sur un allaitement mixte pendant les 3 mois suivants.

J’ai donc allaité ma Poupette pendant 6 mois. Et chaque tétée (à quelques exceptions près) a été un moment de grand bonheur. Et aussi de fierté. Oui, je suis fière d’avoir pu la nourrir chaque jour pendant ses premiers mois. Mais au-delà de l’aspect uniquement nourricier, c’est le lien maternel que j’ai principalement apprécié.

Voir ma toute petite Poupette s’accrocher avec délice à mon sein, la sentir se remplir le ventre, la voir s’endormir de bonheur à la fin de la tétée, avec ce petit air repus et extasié que seuls les bébés sont capables d’avoir. Nous avions notre petit rituel la journée : elle réclamait son repas, je la sortais de son Doomoo, de son parc ou de l’écharpe, je la déposais sur le coussin d’allaitement, je lui mettais son petit bavoir et je l’entourais de mon bras. Immédiatement, le chat venait se coller contre elle, en ronronnant de plaisir. Et la tétée se passait à trois. Un grand moment de douceur et de partage. Je n’ai pas de mot pour décrire ce bonheur si simple et si universel.

C’est ce que j’ai aimé, dans l’allaitement. Plus que tout. Pouvoir partager ces moments. La sentir contre moi. La regarder téter. Voir ses grands yeux me regarder avec reconnaissance et amour.

J’espère que mon témoignage pourra servir à d’autres (futures) mamans. J’avais tellement de crainte sur ce qui m’attendait, j’avais entendu tellement d’expériences douloureuses. Alors que pour moi, tout s’est si bien passé. C’est possible. Je ne suis pas pro ou anti allaitement. Je pense que chacune doit vivre son allaitement à sa façon. Et qu’il vaut mieux un biberon donné sereinement qu’un sein donné par effet de mode ou à contrecœur. L’important c’est de partager un moment de plaisir avec son bébé et de lui transmettre amour et sérénité pendant la tétée.

Aujourd’hui avec le biberon du matin, toujours pris dans mes bras, sur le coussin d’allaitement, c ‘est ce que je continue de transmettre à ma Poupette. Et elle n’a jamais été difficile en matière de repas…

You Might Also Like

15 Comments

  • Reply
    Penny petit pois
    13 octobre 2014 at 7 h 28 min

    Merci pour ton témoignage !!
    Je fais partie de celles pour qui c’etait facile en plus d’être évident !
    Ce sont des moments si tendres et si doux !
    Mon moment préféré c’était quand elles s’endormaient juste après, la joue collée à mon sein avec une petite goute de lait qui leur coulait de la bouche ! Genre « bébé rassasier » hehe

  • Reply
    Maman Mammouth
    13 octobre 2014 at 8 h 46 min

    Très belle histoire 🙂
    Pour moi l’allaitement a été une évidence quand j’étais enceinte. Pourtant autour de moi j’avais les témoignage d’expériences ratées (sûrement par manque des bonnes informations, à cause du manque de compétence des médecins en terme d’allaitement) de ma mère et ma grand mère…
    Mais je voulais tenter, peu importe combien de temps ça durerait… Nous en sommes à 18 mois! Pas une crevasse! Parfois des douleurs, car en grandissant il y a les dents, et mon Girafon est un véritable asticot! Après les premiers mois n’ont pas été très sereins… avec un bébé qui tétait toutes les 1h30 max, qui ne dormait que porté, qui se réveillait toutes les heures (voire toutes les 30 min) la nuit.. et tous ces conseils culpabilisants que j’entendais (genre « quand tu le passera au bib ça ira mieux! », « faut que tu le laisses pleurer et que tu lui imposes toutes les 3h »…)
    Malgré tout, j’ai tenu le cap, j’ai fait fi de tout ça, et je nous ai fait confiance! Certes les nuits complètes c’est toujours pas pour demain, mais notre allaitement est tout ce qu’il y a de plus serein et naturel, et je ne me mets plus aucune échéance quant au sevrage.

    Pour finir mon pavé (^^) le tire lait j’ai testé aussi car je produisais beaucoup… mais ça m’épuisait, ça me faisait mal et puis ça prenait le peu de temps que j’avais pour moi! Alors j’ai aussi mis de côté mon envie de donner du lait au lactarium… peut-être pour le prochain! 😉

    Très belle journée à toi!

  • Reply
    granouche
    13 octobre 2014 at 14 h 31 min

    Un beau témoignage 🙂 belle expérience…*
    Je n’ai pas allaité loustic, c’était un choix dés le début et tant mieux car j’ai appris à sa naissance que de toute façon je ne pouvais pas avec mes traitements actuels… Mais même sans allaitement le temps des biberons ont toujours été des moments câlins, loustic dans mes bras (ou ceux de papa) et toujours bien calé contre nous 🙂 Moi non plus je ne suis ni pro ou anti-alaitement, le principal est de se sentir bien dans son choix!!!

    bizzz
    granouche (adeline)

  • Reply
    mummy en herbe
    13 octobre 2014 at 16 h 03 min

    Joli témoignage! C’est vrai que l’allaitement est un moment de pur plaisir 🙂

  • Reply
    les mercredis jolis
    13 octobre 2014 at 17 h 58 min

    Très beau témoignage d’allaitement. Comme toi j’ai eu bcp de mal à tirer mon lait pcq je n’en avais pas bcp. J’ai adoré allaiter les enfants. Une expérience magnifique mais je n’ai pas pu continuer qd j’ai repris le travail.

  • Reply
    papa et sa tribu
    15 octobre 2014 at 21 h 59 min

    salut ! Merci pour ton témoignage , nous pour notre 1er on a pris l’option biberon mais pour le 2e ça sera allaitement , j’ai partager un article d’une maman qui a allaiter

  • Reply
    transylvaisne
    27 octobre 2014 at 0 h 33 min

    Belle expérience d’un allaitement qui se passe bien dès le début! Un jour j’oserai peut-être parler de mon allaitement, mais ça va faire un roman!

  • Répondre à transylvaisne Cancel Reply

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

    %d blogueurs aiment cette page :