4 In bebe/ ma vie de maman

Mes Nuits sont plus animées que vos Jours {Ca Jacasse!}

A l’heure où j’écris ce message, il est 22h57 et Poupette dort. Ça a pris environ 5 minutes, une chanson et quelques caresses et elle s’est endormie tout gentiment dans son berceau. Elle ne se réveillera pas avant demain 9h. Une belle nuit tranquille de 11h d’affilée, sans réveil au milieu, sans cri, sans hurlement, tout en douceur.

TeasingNuit

C’était ma participation à  {Ca Jacasse!}…

Eh oh non stop !! Arrêtez tout !!!

Ça a l’air idyllique, ce petit tableau que je viens de vous brosser. Et même s’il est vrai, il n’en a pas été toujours ainsi. Dans quelques jours, Poupette aura 4 mois. Mais si j’appuie sur la touche Rewind (oui, ma touche « Retour Arrière » est en anglais, allez savoir pourquoi…), voici ce que ça a donné.

Tout a commencé en sortant de la maternité. La Poupette étant trop petite et trop endormie, il fallait la réveiller toutes les 4 heures pour la tétée. Ça faisait un emploi du temps rythmé : tétée à 2h, 6h, 10h, 14h, 18h, 22h et on recommence. Une heure pour téter (oui, c’était pas une rapide, la Poupette), une heure pour se rendormir, une heure pour que la maman se rendorme et donc une heure après, rebelote. Autant vous dire qu’après 3 jours de ce rythme, on passe en mode zombie et on ne distingue plus trop le jour de la nuit. Ah si, le jour, c’est quand il faut étendre le linge. Ah oui, et le laver. Et faire les papiers pour la Sécu et la Mutuelle. Et faire à manger. Et faire les course. Etc etc…

Bref, après 2 semaines de ce rythme, j’ai voulu reprendre une vie normale (oui, je sais, parfois j’ai des idées bizarres…). Comprenez : dormir au moins 4h d’affilée la nuit. Pas possible. La Poupette, elle avait son truc bien à elle. Une fois la tétée terminée, elle se rendormait toute blottie dans mes bras, un adorable petit trésor tout rose et tout chaud, un petit truc tout craquant qu’on a envie de bisouiller tout le temps. Mais à chaque fois que je la déposais dans son berceau, dans le quart de seconde qui suivait, un hurlement s’élevait de son petit gosier. C’est-y pas possible de faire autant de bruit quand on est si petit !

Franchement, ça donne pas envie, un petit lit comme ça ?

Franchement, ça donne pas envie, un petit lit comme ça ?

Le jour, elle dormait près de moi, dans le salon, dans son transat ou sur le coussin d’allaitement, parfois dans l’écharpe pour que je puisse vaquer à quelques occupations, mais globalement elle dormait. Par contre, la nuit, donc, au moment fatidique où je la déposais dans son petit berceau, elle devenait un démon hurlant. Et ça, que ça se passe 5 minutes, 15 minutes, 30 minutes ou 2 heures après s’être endormie dans mes bras. Il suffisait que je la dépose pour qu’elle se réveille en hurlant…

Bon, qu’à cela ne tienne ! J’ai alors commencé à écouter tous les conseils, ceux de la sage-femme, de la copine, de la famille, de la voisine, d’internet (c’est incroyable, tous les conseils -bons et surtout moins bons- qu’on peut trouver sur internet la nuit quand on ne dort pas)… Donc j’ai tout essayé. Si, TOUT. J’étais désespérée. La nacelle à la place du berceau (parce que c’est plus confiné et que ça rappelle le ventre de maman). Non. Le lange roulé en forme de boudin et placé autour de la tête (parce que c’est plus confiné et que blablabla…). Non. L’emmaillotage (parce que confiné blablabla). Non. La lumière éteinte. Non. La lumière allumée. Non. La lumière de la veilleuse. Non plus. La lumière de la super veilleuse de compétition en forme de tortue et qui diffuse des jolies étoiles bleues ou vertes au plafond. Pas mieux. Une chanson. Non. Une chanson chantée par Maman. Non. Une chanson chantée avec la voix grave de papa. Non. Un mobile au-dessus du lit. Non. La chanson du mobile au-dessus du lit. Non. Un morceau de piano divin joué par Hélène Grimaud (pour les non initiés, il s’agit de la pianiste française). Re-non. La Berceuse de Bénabar, cette chanson qui nous faisait beaucoup rire tant qu’on n’avait pas d’enfant. Re-re-non. L’aspirateur. Non. Le sèche-cheveux. Non. Une prière au Marchand de Sable. Non. Un doudou. Non. Une tétine. Non, non, non et re-non.

Allez, soyons honnête. Parfois, il y avait un truc qui marchait. Mais un truc qui marche une nuit ne marche pas forcément le lendemain. Voire ne refonctionne plus jamais.

Mes nuits se finissaient donc invariablement à 4h du matin, sur le canapé du salon avec une Poupette en écharpe et un épisode de The Walking Dead sur mon ordi (histoire de rester dans le thème des zombies…). Et bien sûr, une quantité impressionnante de larmes de détresse.

Et un jour, j’ai rencontré le pédiatre (la fameuse visite du 1er mois). Et cet homme (Dieu que je l’aime !! Pipou si tu lis ça, pardon, c’est toi que j’aime en vrai), voyant ma mine défaite, mes cernes de trente jours et mon teint tout blafard, me dit :

« – Madame, quand vous étiez enceinte, la Poupette, elle bougeait quand ?
– Bah Docteur, la nuit ! Impossible de m’endormir avant 4h du matin le dernier mois de ma grossesse !!
– Alors laissez lui le temps, elle continue sur son rythme d’avant la naissance… »

Et cette petite phrase m’a complétement détendue (merci merci Docteur Pédiatre). Bon sang, mais c’était bien sûr : elle croyait encore être dans mon bidon, la Poupette, surtout qu’en plus, elle était arrivée bien en avance… Et dans mon bidon, elle dormait le jour et faisait la lambada la nuit !

Alors, à partir de ce jour, on a pris un rythme à nous. Tétée puis endormissement contre maman en écharpe ou dans le lit (sur le ventre de maman endormie ou sous mon aisselle, c’est fou ce que ça marche pour endormir une Poupette, une bonne odeur d’aisselle de maman !!!). Ça a duré un mois. Poupette dormait dans mon lit. Je n’avais pas choisi. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle dormait. Moi aussi un peu, mais que d’un œil ou d’une oreille, le cerveau toujours en alerte pour ne pas risquer d’écrabouiller ma Poupette lovée contre moi. Oh bien sûr, on essayait régulièrement de la mettre dans son berceau, mais sans succès. Et parfois, il fallait revenir aussi à l’écharpe et je me retrouvais à nouveau dans le salon à regarder un épisode de Grey’s Anatomy (oui, j’avais fini tous les épisodes de The Walking Dead)…

A la visite suivante chez le docteur (celle des 2 mois donc), il s’est décomposé quand on lui a raconté que la Poupette dormait dans notre lit et qu’elle était toujours sur le rythme des 6 tétées par jour avec réveil toutes les 4h par maman. A partir de ce moment, c’est donc la Poupette qui a choisi ses heures de tétées et de sommeil. Côté tétée, elle n’a jamais pris aucun rythme. Mais côté sommeil, peu à peu, les nuits se sont allongées. D’abord deux heures, puis trois. Et on avait pour consigne de la faire dormir dans son berceau. On a essayé quelques fois. Mais je ne pouvais pas supporter ses pleurs. Ça me déchirait le cœur. Et je pleurais presqu’autant. Voire plus, beaucoup plus.

Puis un soir, alors qu’elle avait à peu près 11 semaines, le miracle s’est produit : je l’avais déposée dans son berceau après la tétée et elle s’y est endormie, toute seule, sans pleurer. Et moi aussi d’ailleurs, dans le lit, juste à côté. C’est comme ça que Pipou nous a trouvées. Visiblement, Poupette s’est endormie, bercée par mes ronflements bienheureux de mère épuisée… Je m’en souviens encore, c’était la nuit du 1er au 2 mai. Sa toute première nuit.

Et puis, de jour en jour, ou plutôt de nuit en nuit, Poupette a commencé à dormir de plus en plus longtemps. Et sa maman aussi. Il n’y a pas de recette miracle, il faut juste de l’amour, de la patience et du temps : c’est ce qu’il lui fallait à la Poupette : du temps.

Je finis de taper ce message, il est maintenant Minuit, le Pipou est couché et la Poupette dort tranquillement dans son berceau. Demain matin, elle se réveillera tout doucement vers 9h, crachotera pour demander à téter et me fera un sourire quand je viendrai la chercher dans son berceau. Et alors une nouvelle belle journée commencera…

La toute première nuit de Poupette

La toute première nuit de Poupette

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C’était ma participation à {Ca Jacasse!}, organisé par Maman fait la Dinde et Les Tribulations d’une Poulette.

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4 Comments

  • Reply
    Edenlly
    13 juin 2013 at 22 h 00 min

    Je me reconnais bien dans le début de ton récit. Malheureusement ici elle se reveille toujours a 4hoo du matin 😉

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